Le bagad est une formation récente, créée à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le premier bagad informel a été créé en 1947 au 71e R.I. de Dinan (Côtes d'Armor) par quelques musiciens faisant leur service militaire. Le premier bagad civil est créé en 1949 par des cheminots de Carhaix (Finistère).
Né de l'inspiration du pipe-band écossais associant cornemuses et caisses claires écossaises, le bagad comprend aussi un pupitre de bombardes. Les pipe bands ont structuré leur musique d'une façon assez formelle, les bagadoù ne les ont pas suivis dans cette voie, et cela donne une diversité plus importante, à la fois dans les airs interprétés et dans les styles de jeu. Une diversité qu'ils doivent aussi à la présence des bombardes ayant une tessiture plus étendue que celle des cornemuses, ouvrant plus largement les voies de la polyphonie. Aujourd'hui, leurs répertoires explorent la totalité des richesses du patrimoine breton — airs à marcher, danses, mélodies — et ils recherchent souvent des compléments sonores, ajoutant des percussions différentes, des bombardes plus graves, le biniou kozh de temps en temps et parfois, dans des représentations en concert, des orgues électriques ou tout autre instrument apportant une couleur complémentaire à leur musique.
La présence de bombardes et le style moins militaire rendent la musique de bagad très differente de celle de leur modèle le pipe-band.
La question fait débat de savoir si on peut parler de formation traditionnelle pour une organisation créée il y a cinquante ans. S'il n'a pas d'ancienneté, le mouvement des bagadoù jouit d'un succès populaire très actuel. Sa vitalité, son ouverture et sa jeunesse contribuent à la conservation et même au renouveau et à la transmission de la culture bretonne en général, et de la musique bretonne en